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        <title>entre-jour</title>
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                <title>Exposition de nuit</title>
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                <author>noreply@ (ellisa)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 07 Oct 2008 16:19:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai des nuits d'enfant, la nuit est derrière la vitre où j'appuie mon front, je la sens froide ; j'éprouve mon front chaud et la vitre qui se réchauffe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;M'allongeant dans l'herbe pour regarder les étoiles qui ont le bruit doux des papillons de nuit et des grillons dans l'herbe, je songe que j'ai des nuits de rêveuse des nuits d'été.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais je marche encore dans la nuit noire, j'aime à chaque pas la lenteur hésitante qui est nécessaire pour ne pas tomber, cette encore rare et possible démarche solitaire, simple, inutile et sans conséquence, éprouver la désorientation&amp;nbsp;puis mon corps qui s'affole pour retrouver la paix. Marcher dans la nuit noire c'est d'abord s'arrêter,&amp;nbsp;pétrifié par la perte de l'évidence. Je te connais chemin pourtant, le jour je te connais, la nuit tu n'es pas différent, c'est moi seule qui suis aveugle, rendue à moi-même.&amp;nbsp;Mes vêtements et même mes cheveux me gênent qui me soustraient la nature de ce que je dois sonder&amp;nbsp;; il faudrait aller nu, mais non, se protéger d'abord.&amp;nbsp;Mais je ne vois rien, si je fais un pas, je pose le pied et je ne sais pas où je pose le pied. Que faire ? Avancer. De toutes mes oreilles j'écoute derrière moi cette nuit qui me suit dans un silence imparfait ; l'attention échouée d'avance, je n'arriverai pas à tout embrasser.&amp;nbsp;Un pas, un autre, mes pieds que je&amp;nbsp;ne vois même pas. J'ai courbé le dos, arqué la tête vers le ciel, le nez en avant. Mes mains se tendent d'instinct car elles sont des extrémités primordiales qui me pareront de tout mieux que mes yeux. Les sens doucement s'ajoutent, c'est comme une danse très lente.&amp;nbsp;Le corps dilaté, j'avance ou je glisse&amp;nbsp;sans tomber.&amp;nbsp;Là, en même temps que l'intensité du bonheur d'exister survient parfois la peur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a un tout petit peu de lumière, il y a toujours un petit peu de lumière, depuis le temps que je marche je la perçois enfin, comme une récompense à tous les autres efforts et la lenteur. Longtemps après, tant de lumière même.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fredericnetter.com/&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://exterieur.pely.net/vers_le_ciel.jpg&quot; alt=&quot;[...]&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Exquis</title>
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                <author>noreply@ (ellisa)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 02 Oct 2008 13:30:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1083979&quot; src=&quot;http://entre-jour.hautetfort.com/media/00/01/152304096.jpg&quot; alt=&quot;05179bc4c865257e401101574bee7348.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt&quot; id=&quot;media-1083979&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;p&gt;Dire cette photo ce serait&amp;nbsp;tout inventer puisque je ne me souviens de rien de ce jour. Alors ne te retourne pas fillette, tout est toujours là-bas au pays immobile de ton enfance ;&amp;nbsp;mais marche et ne donne que les harmonies inversées.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; 
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                <title>Papier glacé</title>
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                <author>noreply@ (ellisa)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 26 Sep 2008 18:45:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il faut traverser cette époque en faisant comme si. Comme si c'était supportable de savoir son image sans arrêt doublée de celles qui font la une, les pages centrales, les précédentes, les suivantes, les encarts et&amp;nbsp;les suppléments ; à&amp;nbsp;la longueur d'un film ou la piqûre d'une pub. À leur perfection redondante et insurpassable, dès le lendemain dépassée et remplacée par une perfection différente, je ne peux que tendre un sourire auquel je dois et sais tout faire dire au gré de celui à qui je le donne. Il est si simple d'afficher ces ongles parfaits que je ne peux que cacher mes mains aux ongles toujours si courts et toujours un peu tachés&amp;nbsp;par les&amp;nbsp;pelures&amp;nbsp;des fruits et des légumes ; les mains cachées&amp;nbsp;mais tout&amp;nbsp;sourire bien sûr. Il est si facile et sans outrance aucune de rayonner de son plus bel air au sortir d'un palace cannois que je ne peux que très vite vérifier si je suis à peu près coiffée ; les cheveux au vent c'est bien joli, avec ce sourire-là. Le parfait négligé de l'épaule souligné de&amp;nbsp;cette somptueuse soie qui leur échoit par sempiternel hommage servile à la beauté&amp;nbsp;; je crois que j'aurais au moins esquissé un sourire s'il m'avait été donné de mériter cette soie. Mais qu'est-ce que je vaux pour lequel il ne faudrait payer ? Mensonge déguisé en vérité, vide à la beauté creuse occupant tout mon espace. Je m'éloigne de tout, je suis toujours rattrapée.&amp;nbsp;Quoi que je dise, j'ai tort (&lt;em&gt;je préfère disparaître&lt;/em&gt;&amp;nbsp;/ &lt;em&gt;tu n'es pas courageuse, reconnais qu'elle est belle / elle n'a que ça à faire&lt;/em&gt;) alors je garde le sourire, je suis bien au-dessus de ça depuis ma place au fond.&amp;nbsp;Mais vouloir n'est pas toujours pouvoir. Je ne suis nulle part, qu'un faire-valoir à chacun qui se récrie la main sur le cœur qu'il n'y a que la beauté intérieure qui compte. Qu'importent la profondeur et la quiétude d'un choix existentiel qui vous fait préférer rêvasser le nez dans les nuages ou compiler scrupuleusement les notes d'un érudit inconnu puisque ce que l'on&amp;nbsp;vous ressert&amp;nbsp;de vous-même c'est l'image imparfaite d'une femme qui ne sera jamais dans le cadre strict d'une photo sur papier glacé, dont les instants de beauté éphémère ne seront jamais sur pellicule ;&amp;nbsp;savoir n'être que ce double agaçant qui ne veut pas sourire&amp;nbsp;à la vérité publiée, sourire à la pensée qu'il y a ceux dont on veut se souvenir, les mêmes que l'on ne voit jamais assez et dont la plus petite imperfection occasionnelle&amp;nbsp;fait pleurer&amp;nbsp;du miracle de la beauté incarnée. Puis ceux que l'on regarde un peu mais pour avoir la paix de jouir de la beauté unique d'une vie. La beauté serait affaire d'amants s'il n'y avait pas tant d'images.&lt;/p&gt; 
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