19.05.2008
János*
"Please, just watch the movie; just listen to your heart. Please, trust your eyes: everything is very clear and very simple. Watch. That's important. Don't think about it too much. Everyone can understand it if they don't complicate it. It's just a simple film. It's a very primitive language." Béla Tarr
Une main ouvre la porte du poêle marqué Memphis et jette une chope d'eau sur le feu pour l'éteindre. Il est dix heures du soir, au café la veillée est terminée. L'histoire va pourtant commencer.
Parce qu'il y est invité, János dit : "Et maintenant, nous gens simples, allons assister à une démonstration de l'immortalité. Je vous prie donc de sortir avec nous dans un espace illimité où règnent l'immortalité, la stabilité, la paix et le vide, porteur de plénitude. Imaginez dans le silence infini et résonnant une obscurité impénétrable. Alors nous constatons un mouvement général et au début, nous ne percevons pas les évènements extraordinaires dont nous sommes témoins. La lumière brillante du soleil diffuse chaleur et luminosité sur la surface de la terre (...) " et János met alors en scène notre système solaire ; l'un simule le soleil (et ses mains qui clignent sont les rayons) l'autre la terre, un autre la lune. À un moment c'est l'évènement astronomique, l'éclipse totale du soleil. Le froid, le silence. Une musique pleure.
Le film couvre un jour et demi de la vie de János qui vit simplement et marche sans cesse au milieu des murs d'une ville fermée en noir et blanc, une ville qui s'élargit parfois dans une brume épaisse. János va d'un endroit à l'autre selon des habitudes qui lui semblent douces, en particulier auprès un homme -qu'il appelle oncle- en lui prodiguant des soins attentionnés et respectueux pour l'aider par exemple à se coucher. Cette nuit-là, un étrange convoi remonte la rue, si énorme convoi qu'il éclipse peu à peu la lumière tout au long du mur. Dans cette ville froide (il fait -17°) les hommes forment des petits groupes disparates et désœuvrés autour de petits feux allumés à même le pavé de l'immense place où le convoi de la nuit stationne. János achète un ticket et va voir de ses yeux la baleine morte qui est dedans ; incroyable spectacle, fabuleux animal, là, dans cet univers, l'univers de János, mais que vont maintenant régir des forces obscures qui ne lui sont plus connues. L'attraction devient destructrice.
János, veille sur toi (János, j'aurais tant aimé).
*Pour ma cousine Olga qui vit à Minsk. (L'été dernier, lorsque je t'ai laissée sur la place pour ta première promenade absolument seule, tu m'as dit : je vais toucher du doigt la liberté).
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30.03.2008
Je veux ! Le Roi a dit... *
Un jour quelqu'un entre dans une boulangerie-pâtisserie de la rue, il dit :
- Bonjour, bonjour, je voudrais une galette des Rois à la frangipane s'il vous plait, une galette pour 6 personnes.
- Ah navré monsieur, il n'y en a plus.
- Déjà ?! Zut alors ! Est-ce que je peux en commander une pour demain matin ?
- Non, c'est impossible, je n'en fais plus.
- Impossible ?! Comment ça impossible ?! C'est l'époque des galettes et vous ne pouvez plus en faire ?!
- Ce n'est pas que je ne peux pas les faire, c'est que je ne vais plus en faire. L'Épiphanie n'est pas une époque, mais un jour, un dimanche de janvier, et c'était hier. Voilà.
- Vous rigolez ou quoi ?! Je suis tombé chez un pâtissier intégriste c'est ça ?
- Du tout monsieur, d'ailleurs je suis athée. Mais j'ai beaucoup d'autres pâtisseries à vous proposer comme vous voyez.
- Mais non à la fin, je veux une galette des Rois !
- Je n'en ai pas, mais vous pouvez la commander pour l'année prochaine si vous voulez.
- Mais c'est un scandale ! Vous vivez à quelle époque mon vieux ?! Vous réalisez que vous êtes le seul à fabriquer les galettes qu'un seul jour par an ?! C'est de la flemme ? Un relent d'anarchisme ou vous voulez couler votre commerce ?!
- Oh non ! Hier j'en avais confectionné 163 et je les aies toutes vendues. Mes galettes sont les meilleures de la ville et ce n'est pas moi qui le dit. Beaucoup de gens vous savez préfèrent n'en manger qu'une fois dans l'année mais alors une excellente galette dont le souvenir les porte jusqu'à celle de l'année d'après. Par exemple je ne fais des fraisiers qu'entre la mi-juin et la mi-juillet, les mardis et mercredis quand je vais pouvoir choisir et cueillir moi-même les fraises au domaine de production de la ville et j'y vais le lundi après-midi.
- Non mais c'est dingue !! Le client est roi vous savez ça ?! Le client commande et vous, vous fabriquez ! (le pâtissier fait la moue) Je ne peux pas avoir ce que je veux quand je veux ici ?!! (le pâtissier fait non de la tête) Du moment que je vous paye qu'est ce que ça peut vous faire ?! (le pâtissier hausse les épaules)
- Allons, je vous offre un praliné !
- Mais c'est un cauchemar !
- Oh non, pour moi c'est un rêve... (un temps) ... et je le partage.
* en pensant à Jonathan Nossiter, Le goût et le pouvoir.
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12.02.2008
Je nuage, tu victimes, elle tague, nous cafons, vous liseré, ils soupiraïe...
Brigitte joue sur la toile, en rebondissant nous sommes six à décoller. Elle me fait m'envoler, maintenant j'ai six choses insignifiantes à dire de moi (ce jeu a été inventé par une amicale de psys en vacances ou un réseau de psys décidés à prouver que la paranoïa naît d'un rien ?... Ah bon ?... juste pour générer du flux internet ? vous m'en direz tant !) Six choses soi-disant insignifiantes et qui seront suivies sans lien de cause à effet de l'envol, si elles le veulent bien, de six personnes de mon choix. Le réglement orthodoxe de ceci est toujours chez Brigitte.
Je suis née un jour (et il faisait jour). J'aime bien Les brèves de comptoir collectées par Jean-Marie Gourio. Aujourd'hui j'étais malheureuse. Vendredi je pars à Paris. J'adore les arrosoirs et le bruit de l'eau en pluie sur les salades. Je mourrai bientôt (tout est relatif, mais c'est vrai quand même).
Brigitte, pardon, je ne suis pas douée à ce jeu-là, je vais écrire, promis.
Chantal, je te promets, ce n'est pas un jeu, tu peux jouer à ce truc.
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